À propos

Penser demande du temps. C’est à peu près la seule chose que ce site propose.

Il y a des questions qu’on repousse. Elles reviennent pendant un trajet en voiture, à trois heures du matin, au milieu d’une conversation qui parlait d’autre chose. BellePomme est né de la décision de ne plus les laisser passer.

Le nom vient d’un fruit qu’on connaît tous. Celui qu’on tend, celui qu’on mord, celui par lequel commence la connaissance et le choix. Rien de plus banal, rien de plus lourd de conséquences.

J’écris ici sur la théologie, la philosophie et l’existentialisme, avec une dette assumée envers Kierkegaard. La méthode tient en peu de choses : lire lentement, laisser les objections faire leur travail, écrire seulement quand la pensée a mûri. Je cite mes sources, je signale ce qui n’est que mon interprétation, et je corrige quand je me trompe.

Ici, rien ne clignote et rien ne surgit. Pas de publicité, aucune fenêtre qui s’ouvre pour réclamer ton attention. Lire devrait reposer, pas obliger à lutter contre les distractions. Tu avances dans un texte à ton rythme, sans être coupé, comme on lit un livre. C’est un choix : une pensée lente a besoin d’un lieu calme.

Le Nouveau Testament est aussi en ligne, dans la traduction Louis Segond (1910). De plus, tu peux le lire tel quel, chapitre après chapitre, à ton rythme. Rien à installer, rien à payer, aucun compte à créer, aucune publicité. Ça s’ouvre dans le navigateur comme une page de plus du site, et ça se lit comme un livre.

Pour qui veut aller plus loin, l’outil se déplie. Un clic sur le numéro d’un verset fait apparaître le texte grec d’origine. Un clic sur un mot grec ouvre sa définition et sa forme. Rien ne t’y oblige : c’est là quand tu le cherches, absent quand tu ne le veux pas. Lire d’abord, étudier si l’envie vient.

Ce n’est ni un cours ni une prédication. C’est un chemin de pensée, tenu depuis la Belgique, ouvert à qui veut marcher un moment à côté.

Harry Théo


* Notes sur la Bible en anglais:

Pourquoi la King James Version

Le lecteur anglais repose sur la King James Version, dans son texte de 1769. Ce choix n’a rien de nostalgique : il est d’abord juridique, et il commande tout le reste.

Les traductions anglaises modernes : NIV, ESV, NASB sont protégées par le droit d’auteur. On ne peut ni les republier, ni les découper mot à mot, ni en faire l’objet d’une étude interactive sans licence. La King James, elle, appartient au domaine public : son texte peut être servi, cité et interrogé librement.

Mais la raison décisive est ailleurs. La concordance de James Strong, publiée en 1890, est une concordance de la King James : c’est à ses mots anglais que Strong a attaché ses numéros. Cette association est donc son travail à lui, vieux de plus d’un siècle, et libre au même titre. Elle permet de cliquer sur n’importe quel mot de la page pour remonter à l’hébreu ou au grec qu’il traduit. Avec une version moderne, ce lien devrait être refait par un éditeur contemporain; et retomberait aussitôt sous copyright.

La King James a ses limites, et mieux vaut les nommer : son anglais a quatre siècles, et elle suit le Textus Receptus plutôt que les éditions critiques établies depuis. C’est précisément pourquoi chaque verset s’ouvre sur son texte original. On ne vous demande pas de faire confiance à la traduction : vous pouvez aller voir.


Le signe ¶ dans le texte

En lisant, vous croiserez un signe inattendu : ¶. Ce n’est ni une coquille ni une marque des manuscrits anciens, mais un pied-de-mouche : la marque de paragraphe des imprimeurs.

La King James imprime chaque verset sur sa propre ligne. Les typographes de 1611 n’avaient donc aucun moyen de montrer où s’ouvre une unité de sens : le ¶ était leur seul recours.

Reste une curiosité, qui en dit long sur la fabrication du livre. Ces marques s’interrompent brutalement. On les trouve dans tout l’Ancien Testament, puis dans les Évangiles et les Actes; et plus rien après Actes 20:36. Ni dans les épîtres, ni dans l’Apocalypse. Le marquage des paragraphes est resté inachevé, pour des raisons que les historiens n’ont jamais élucidées avec certitude dans la révision finale, et toutes les éditions depuis quatre siècles ont recopié le texte de 1611 avec sa lacune. Vous lisez donc, au passage, la trace d’un travail interrompu il y a quatre cents ans.


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