Platon, ou pourquoi nous vivons dos à la lumière
Il y a des textes qu’on croit connaître avant de les avoir lus. L’allégorie de la caverne fait partie de ceux-là. On en garde une image d’école: des prisonniers, des ombres, un feu. Puis on passe à autre chose. Pourtant, quand on prend le temps de s’y arrêter, ce petit récit du livre VII de La République devient l’une des pages les plus troublantes jamais écrites sur notre condition. Le décor Imagine des hommes enchaînés depuis l’enfance au fond d’une grotte. Ils sont attachés de telle façon qu’ils ne peuvent regarder que le mur devant eux. Derrière eux brûle un feu, et entre le feu et leurs dos passent des…