Existentialisme et Kierkegaard
Articles sur l’existentialisme, avec une attention particulière à l’œuvre et à la pensée de Søren Kierkegaard.
Devenir soi-même: Kierkegaard, le désespoir et les étages de l’existence
Il y a une phrase de Kierkegaard qui semble simple et qui, à la réflexion, donne le tournis: le plus grand danger, celui de perdre son propre moi, peut passer inaperçu dans le monde, comme s’il n’était rien. On perd un bras, on perd de l’argent, on s’en aperçoit et on s’en plaint. Se perdre soi-même, on peut le faire sans même le remarquer, tout en menant une vie très correcte. C’est de cela que parle La Maladie à la mort, l’un de ses livres les plus profonds. Le désespoir dont on ignore qu’on souffre Kierkegaard appelle ce livre un traité sur le désespoir. Mais attention, il ne s’agit pas…
Le vertige de la liberté: Kierkegaard, l’angoisse et le saut
On imagine souvent l’angoisse comme une faiblesse, un mauvais moment à passer, quelque chose à soigner. Kierkegaard, lui, y a vu tout autre chose: un signe. Le signe que nous sommes des êtres libres, et que la liberté, avant d’être un cadeau, est d’abord un vertige. Dans Le Concept de l’angoisse, il en donne une formule inoubliable. L’angoisse, écrit-il, est le vertige de la liberté. Se pencher au bord du gouffre Imagine-toi au bord d’une falaise. Ce qui te saisit, ce n’est pas seulement la peur de tomber. C’est quelque chose de plus étrange et de plus intime: la conscience que tu pourrais sauter. Rien ne t’y oblige. Et pourtant…