• Silhouette solitaire sur une colline enveloppée de brouillard
    Existentialisme et Kierkegaard

    Devenir soi-même: Kierkegaard, le désespoir et les étages de l’existence

    Il y a une phrase de Kierkegaard qui semble simple et qui, à la réflexion, donne le tournis: le plus grand danger, celui de perdre son propre moi, peut passer inaperçu dans le monde, comme s’il n’était rien. On perd un bras, on perd de l’argent, on s’en aperçoit et on s’en plaint. Se perdre soi-même, on peut le faire sans même le remarquer, tout en menant une vie très correcte. C’est de cela que parle La Maladie à la mort, l’un de ses livres les plus profonds. Le désespoir dont on ignore qu’on souffre Kierkegaard appelle ce livre un traité sur le désespoir. Mais attention, il ne s’agit pas…

  • Personne debout au bord d’une falaise dans la brume
    Existentialisme et Kierkegaard

    Le vertige de la liberté: Kierkegaard, l’angoisse et le saut

    On imagine souvent l’angoisse comme une faiblesse, un mauvais moment à passer, quelque chose à soigner. Kierkegaard, lui, y a vu tout autre chose: un signe. Le signe que nous sommes des êtres libres, et que la liberté, avant d’être un cadeau, est d’abord un vertige. Dans Le Concept de l’angoisse, il en donne une formule inoubliable. L’angoisse, écrit-il, est le vertige de la liberté. Se pencher au bord du gouffre Imagine-toi au bord d’une falaise. Ce qui te saisit, ce n’est pas seulement la peur de tomber. C’est quelque chose de plus étrange et de plus intime: la conscience que tu pourrais sauter. Rien ne t’y oblige. Et pourtant…

  • Rangées de livres anciens dans une bibliothèque
    Philosophie

    Kierkegaard contre les systèmes, ou l’homme qu’aucune théorie n’attrape

    Au dix-neuvième siècle, la philosophie allemande construisait des cathédrales de concepts. Hegel surtout, avec son immense système, prétendait tout embrasser: l’histoire, la nature, l’esprit, Dieu lui-même, le tout ordonné selon une logique implacable où chaque contradiction se résolvait dans une synthèse supérieure. On pouvait, disait-on, comprendre le réel de bout en bout. Et puis, à Copenhague, un homme frêle et railleur a regardé ce grand édifice et a posé une question de gamin insolent: c’est très beau, mais où suis-je, moi, là-dedans? Cet homme, c’est Søren Kierkegaard. Et cette question a fait plus de dégâts qu’on ne le croit. Le professeur qui oublie d’exister Kierkegaard aimait raconter cette image: un…